| Abstract: | Lors de la mort d'Eduardo Mondlane, premier président du FRELIMO, le 3 février 1969, le FRELIMO connaissait alors depuis plus d'un an une grave crise interne. La victoire de l'alliance des 'intellectuels révolutionnaires' et des militaires du Front, après la mort de Mondlane, sur une fraction non négligeable de l'élite commerçante et lignagère maconde, fut aussi - sur le plan de la construction politique au moins - la victoire de la ville sur la brousse, et l'antitribalisme devint non seulement la lutte contre des manoeuvres colonialistes portugais, mais la négation même de l'existence des ethnies et des rapports sociaux lignagers au sein de la paysannerie, remplacés en bloc par la lutte, facteur d'unité nationale. L'auteur examine les implications de cette négation originelle à travers l'histoire récente du Mozambique. Il est clair que le parti unique a épuisé ses éventuelles potentialités historiques, et que les différentes manifestations des nationalismes d'une société forcément plurielle ne peuvent plus s'exprimer par le biais exclusif du FRELIMO. C'est dans la genèse même du FRELIMO qu'il faut chercher l'explication de la crise actuelle et pas seulement dans la bien réelle succession d'agressions externes et de catastrophes naturelles. Notes, réf. |