| Abstract: | En République centrafricaine, face à l'incapacité de l'État à prononcer des peines adaptées, et à en assurer l'exécution, la société réagit en développant un système parallèle qui traduit l'existence d'un ordre public fondé sur la coutume, et non sur les principes libéraux ou individualistes. Il existe ainsi un dualisme non officiel et donc incontrôlable. La réforme du code de procédure pénale qui a été élaborée selon les principes de la constitution de 1995 poursuit un triple objectif: réduire le recours systématique à la détention provisoire, normaliser le fonctionnement du système pénitentiaire et promouvoir de nouvelles peines et de nouvelles pratiques, afin de diversifier les réponses judiciaires. Cette réforme s'inscrit dans la perspective d'une réforme plus globale de l'organisation judiciaire destinée à créer une justice de proximité. Il s'agit de renforcer la lisibilité de l'action judiciaire, mais aussi de reconquérir le terrain perdu au profit des justices informelles. Promouvoir une justice du possible et du raisonnable pour le juriste et une justice de l'acceptable pour le citoyen, tel est le préalable au rapprochement de la loi et des traditions susceptibles de déboucher sur un droit étatique réconcilié avec ses racines. Notes, réf. |