| Abstract: | Les premières plantations d'hévéas promues par l'Etat ivoirien ont été des 'plantations villageoises': de petites unités dispersées dans la nature, abandonnées à l'interventation de ruraux qui, par leur situation géographique, sont peut-être les plus bourgeois des planteurs de la Basse Côte, mais aussi les plus défiants. En 1968 et 1970, dans un contexte néocolonial, trente-trois 'plantations villageoises' naissaient d'une superficie standard, à une exception près, de trois hectares. Aucun des trente-trois villageois concernés ne sait saigner un arbre. Trois d'entre eux seulement ont appris à le faire. Pourquoi avoir mis sur orbite de façon aussi 'légère' un programme qui ne manque pas d'ambition? L'Etat ivoirien, ayant déjà beaucoup attendu pour prendre en main cette culture, aurait dû, dans la logique de son système, commencer par une opération plus spectaculaire et plus payante. Pourquoi ce 'non-sens'? D'autant que l'expérience restera sans lendemain et qu'au bout de dix ans, elle suscite au moins une interrogation, non pas sur son échec - il est trop tôt -, mais sur son existence. Carte, notes, tab. |