| Abstract: | Le 30 novembre 1999, le Kenya, l'Ouganda et la Tanzanie ont signé le traité rétablissant la Communauté est-africaine (East African Community) qui avait été dissoute de fait en 1977. Cependant, l'ambivalence structurelle du projet régional n'est pas fondamentalement remise en cause. Cet article fait un premier bilan de l'initiative de relance du projet économique est-africain (1993-1999). L'opération a une valeur largement symbolique. Du fait de la disparité de la situation tarifaire des trois pays entre eux, la mise en place à court terme d'un 'tarif zéro' est impossible. La sécurité et la stabilité régionales ont été identifiées par le secrétariat d'Arusha comme deux critères essentiels de l'établissement d'un environnement attractif pour les investisseurs internationaux. Mais si, au-delà des déclarations d'intention, on examine des cas concrets de tentative de résolution des conflits, comme après l'embargo régional décidé ap rès la crise burundaise et le coup d'État de Pierre Buyoya du 25 juillet 1996, on constate des politiques contre-productives, voire incohérentes (dans ce cas-ci, de la part de la Tanzanie et, dans une moindre mesure, de l'Ouganda). Le Kenya apparaît comme le seul bénéficiaire économique direct de l'ouverture régionale. Selon l'auteur, et dans le contexte actuel de privatisation des fonctions cardinales étatiques, d'extraversion et de déclassement international, c'est peut-être la dégradation de l'État post-colonial et de ses canaux privilégiés d'accumulation, plutôt qu'un projet politique régional, qui permettra finalement à l'EAC de se réaliser. Notes, réf. [Résumé ASC Leiden] |