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Periodical article |
| Title: | Les jeux video en négroculture: contribution a une anthropologie de la solidarité chez les jeunes du Cameroun |
| Author: | Elom, Paul Ulrich Otye |
| Year: | 2015 |
| Periodical: | African Sociological Review (ISSN 1027-4332) |
| Volume: | 19 |
| Issue: | 1 |
| Pages: | 77-87 |
| Language: | French |
| Geographic term: | Cameroon |
| Subjects: | games interpersonal relations youth |
| External link: | https://www.ajol.info/index.php/asr/article/view/128534/118082 |
| Abstract: | En Afrique en général et au Cameroun en particulier, posséder une console de jeux vidéo n'est pas à la portée de tout le monde. Les jeunes puisque ce sont eux qui les affectionnent particulièrement, qui en possèdent une, font donc souvent appel à leurs pairs afin qu'ensemble, ils puissent s'amuser. L'espace où les jeunes jouent aux jeux vidéo devient de ce fait un espace où ces derniers s'affirment en tant que groupe à part entière. C'est un espace qui leur permet de se démarquer des adultes qui, le plus souvent dénigrent, voire méprisent cette activité ludique. Les jeunes y créent ainsi des 'ethnométhodes' et développent une solidarité mécanique. Jouer aux jeux vidéo dans ce contexte n'est plus simplement une activité de loisir. L'espace de jeu devient un espace où se créent de nouvelles relations et où se raffermissent les anciennes. Mais également, un espace où se développent l'esprit de compétition et corrélativement même des conflits. Celui avec qui on s'amuse aux jeux vidéo devient celui à qui on se confie, avec qui on partage ses joies et ses peines. La console de jeux n' 'appartient' plus à celui qui l'a achetée, mais à tous ceux qui la jouent. Il n'est donc pas rare qu'elle s'exporte du domicile de son propriétaire pour le domicile d'un autre adolescent. Il faut également préciser que le jeu vidéo reste en négroculture une activité essentiellement masculine; l'espace de jeu est donc le fief du garçon et les filles n'ont rien à y faire. Le jeu vidéo développe ainsi un certain machisme, une fierté d'être homme plutôt que femme. Dans ce contexte, on peut noter une sorte de détribalisation. L'obédience ethnique de tout un chacun s'estompe pour laisser place à une société des jeunes tout court. Le jeu vidéo fait donc tomber les barrières raciales, tribales, ethniques. Et même si on peut y noter des effets pervers, ce qui est normal, puisque aucun système culturel n'est parfait, les jeux vidéo en contexte camerounais développent chez les adolescents le sentiment d'appartenance à une même classe d'âge. Bibliogr., rés. en français et en anglais. [Résumé extrait de la revue] |